Monsieur le Président,

Je prends aujourd’hui la parole en tant que représentant du personnel, et non comme secrétaire du syndicat de la FSU Territoriale.

Depuis plusieurs mois, je fais l’objet d’attaques personnelles au sein du Conseil départemental. Celles-ci prennent notamment la forme d’un usage abusif de la messagerie professionnelle par un individu siégeant également dans cette instance, avec pour objectif de me déstabiliser et de nuire à ma réputation.

J’ai choisi de ne pas répondre à ces méthodes, qui sont contraires à ma conception du débat syndical et au respect mutuel qui doit prévaloir entre nous. Même si, à ce jour, la justice ne semble pas encore avoir pleinement fait son œuvre dans cette affaire, je continuerai à m’opposer à toutes les pratiques reposant sur la calomnie, la haine ou l’injure.

Mon engagement en faveur des collègues et contre toutes les formes d’extrémisme, de discrimination et de violence est ancien et constant. Depuis mes premiers engagements syndicaux, politiques et associatifs en 1990, nourri également par un héritage familial fondé sur les valeurs de solidarité et de justice, je suis demeuré fidèle aux mêmes principes : dignité humaine, respect, solidarité et défense de l’intérêt collectif. Cet engagement concerne notamment la lutte contre les violences faites aux femmes, le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie ainsi que les discriminations envers les personnes en situation de handicap.

C’est dans cet esprit qu’en 2018, j’ai participé à la création du syndicat de la FSU Territoriale, aux côtés notamment de Patrice et Francis Deligny, Myriam Bonnin, Daniel Martin et de nombreux autres camarades qui nous ont rejoints depuis. Notre volonté commune était de construire un syndicalisme fondé sur l’écoute, le respect et la défense de l’intérêt collectif.

Je refuse un syndicalisme reposant sur l’humiliation ou les attaques personnelles. Je défends au contraire un syndicalisme qui rassemble, concret et engagé auprès des agents.

Par le passé, certains ont tenté de m’écarter en me mettant au placard et en freinant mon déroulement de carrière dans l’espoir, vain, de me faire taire. Aujourd’hui, je suis toujours debout et au plus près de celles et ceux qui sont confrontés à des difficultés.

Je crois à la pluralité syndicale lorsqu’elle s’exerce dans le respect. Je crois aussi à la responsabilité des acteurs de la vie sociale du Département, qui sauront refuser les logiques de division et les affrontements stériles.

Les collègues, les élus comme l’encadrement, savent que je privilégie le dialogue et l’échange constructif. Ils savent également que je ne laisse jamais un collègue de côté.

Le syndicalisme que je défends est un syndicalisme qui rassemble, protège et émancipe.

Celles et ceux qui choisiraient le dénigrement ou la manipulation prendraient le risque de perdre durablement leur crédibilité auprès des agents comme de l’institution. Plus encore, de telles pratiques portent atteinte à l’image même de la représentation du personnel, qui exige pourtant hauteur de vue et sens des responsabilités.

Les prochaines élections professionnelles devront permettre aux collègues d’exprimer leurs attentes et de départager les différentes conceptions du syndicalisme, à travers les projets portés mais également au regard du bilan de cette dernière mandature. Je fais confiance à la majorité d’entre eux pour se prononcer en conscience.

Je souhaite que cette campagne se déroule dans les meilleures conditions de respect et de dignité ; c’est une exigence qui doit s’imposer à chacun d’entre nous. Je souhaite enfin qu’à l’avenir, ces pratiques inacceptables soient davantage encadrées et sanctionnées par l’institution départementale, qui a le devoir de protéger l’ensemble de ses agents, y compris celles et ceux exerçant des responsabilités de représentation.

Je vous remercie de bien vouloir annexer cette déclaration au procès-verbal du CST.

Yannick SEGURA